Boubacar un de mes amis est né au Burkina, il est musulman mais ayant été éduqué dans sa petite enfance dans une institution religieuse, il est baptisé, cela ne le gêne en rien enfant il vivait dans un quartier ou se côtoyaient musulmans, catholiques ou animistes et sans doute quelques incroyants, le meilleur ami de son père étant un voisin catholique et les deux familles se réunissaient pour toutes les fêtes des deux confessions ainsi que les fêtes familiales. Lors des fêtes catholiques, ou de fêtes familiale, l’ami du père de Boubacar achetait un mouton qu’il faisait tuer dans la maison voisine, il était ainsi certain que son ami et sa famille pourraient sans enfreindre les règles de leur foi partager le repas.
Lorsque Boubacar raconta cela j’ai aussitôt pensé à ma grand-mère, laquelle contrairement à une rumeur dont j’ignore l’origine ne s’appelait pas Eulalie, ( je le dis pour la dernière fois la grand-mère Eulalie appartient à Roque Dalton, un poète salvadorien assassiné en 1975). Ma grand-mère s’appelait Simone, c’était une petite dame rondelette, toujours coquette, toujours enjouée, toujours en mouvement, toujours un refrain aux lèvres. Elle nous a quitté au mois de novembre dernier après avoir longuement décliné jusqu’à ne plus bouger et ne plus parler. Elle était croyante bien qu’elle ne fréquentait plus les églises depuis longtemps et qu’elle ne portait pas les prêtres dans son coeur. Nous avons donc respecté ses dernières volontés, nous avons fait dire une bénédiction dans l’église de la paroisse où elle avait été baptisée, où elle s’était mariée, où ses enfants avaient été baptisés. Nous avons respecté une autre de ses volontés, il n’y aura ni croix ni signe religieux sur sa tombe. Mon grand-père y gît déjà. Il était athée. Ma grand-mère avait toujours dit : « je ne veux aucun signe religieux sur ma tombe, Louis a toute sa vie respecté mes croyances, je ne veux pas aussi lui imposer dans sa mort. »