Archive pour mars 2007

Identité au Puy du Fou

Lundi 26 mars 2007

Il y peu Philippe de Villiers affirmait à la radio avoir fait de la Vendée le premier département de France sans immigration et se pose en défenseur intransigeant d’une identité française menacée. Le meilleur endroit pour avoir un aperçu de ce qu’est l’identité selon ce personnage est sans doute dans son propre fief, au parc du Puy du Fou près des Herbiers, en plein coeur du bocage vendéen. Les différents tableaux des spectacles offerts au public dans ce parc dont il est le maître d’oeuvre sont imprégné de ce qui fait la pensée profonde de monsieur de Villiers. De l’un à l’autre c’est le même message qui est diffusé, et ce message est simple : il existe un peuple vendéen qui ce définit essentiellement par son identification au sol, au terroir et par son adhésion profonde à la religion chrétienne catholique à tel point que les trois sont indissociables. Lire le reste de cet article »

La dernière scène

Lundi 26 mars 2007

Le cinéma hollywoodien même dans ses oeuvres les plus fortes a souvent une grande faiblesse, il y presque toujours une scène de trop, la dernière. Hollywood n’aime que les histoires qui finissent bien. Lire le reste de cet article »

Calumet, Michigan

Jeudi 22 mars 2007

Calumet!

Cela évoque probablement pour vous la fameuse pipe des Indiens d’Amérique du Nord, les westerns, les romans de Feminore Cooper.

Calumet c’est aussi une ville de l’état du Michigan, non loin de Chicago. Lire le reste de cet article »

Boubacar, Eulalie, Roque Dalton et ma grand-mère

Jeudi 22 mars 2007

Boubacar un de mes amis est né au Burkina, il est musulman mais ayant été éduqué dans sa petite enfance dans une institution religieuse, il est baptisé, cela ne le gêne en rien enfant il vivait dans un quartier ou se côtoyaient musulmans, catholiques ou animistes et sans doute quelques incroyants, le meilleur ami de son père étant un voisin catholique et les deux familles se réunissaient pour toutes les fêtes des deux confessions ainsi que les fêtes familiales. Lors des fêtes catholiques, ou de fêtes familiale, l’ami du père de Boubacar achetait un mouton qu’il faisait tuer dans la maison voisine, il était ainsi certain que son ami et sa famille pourraient sans enfreindre les règles de leur foi partager le repas.

 

Lorsque Boubacar raconta cela j’ai aussitôt pensé à ma grand-mère, laquelle contrairement à une rumeur dont j’ignore l’origine ne s’appelait pas Eulalie, ( je le dis pour la dernière fois la grand-mère Eulalie appartient à Roque Dalton, un poète salvadorien assassiné en 1975). Ma grand-mère s’appelait Simone, c’était une petite dame rondelette, toujours coquette, toujours enjouée, toujours en mouvement, toujours un refrain aux lèvres. Elle nous a quitté au mois de novembre dernier après avoir longuement décliné jusqu’à ne plus bouger et ne plus parler. Elle était croyante bien qu’elle ne fréquentait plus les églises depuis longtemps et qu’elle ne portait pas les prêtres dans son coeur. Nous avons donc respecté ses dernières volontés, nous avons fait dire une bénédiction dans l’église de la paroisse où elle avait été baptisée, où elle s’était mariée, où ses enfants avaient été baptisés. Nous avons respecté une autre de ses volontés, il n’y aura ni croix ni signe religieux sur sa tombe. Mon grand-père y gît déjà. Il était athée. Ma grand-mère avait toujours dit : « je ne veux aucun signe religieux sur ma tombe, Louis a toute sa vie respecté mes croyances, je ne veux pas aussi lui imposer dans sa mort. »

 

 

BLUE NOTES FOR THE BROTHERHOOD OF BREATH

Mercredi 21 mars 2007

En 1964 se produisit au festival d’Antibes un groupe qui allait profondément marquer la scène du jazz européen : les « Blue notes ». Il réunissait autour du pianiste Chris McGregor, Dudu Pukwana, un saxophoniste exubérant, Mongezi Feza, un trompettiste dont le son n’était pas rappeler celui de Don Cherry, Louis Moholo, un batteur énergique dans la lignée d’Elvin Jones, et Johnny Dyani un surprenant contrebassiste. Ils arrivaient d’Afrique du Sud où le groupe avait déjà commencé une carrière en dépit de l’apartheid, (Chris McGregor était blanc). Lire le reste de cet article »

RUE PAUL ELUARD POETE DE LA RESISTANCE 1895 1952

Lundi 19 mars 2007

Si l’on en croit cette plaque l’essentiel de l’oeuvre de Paul Eluard fut donc rédigées entre 1941 et 1945 soit 4 année dans une vie qui en compta 57 dont 36 furent consacrées à l’écriture et principalement à la poésie. Et Eluard fut particulièrement prolifique, son oeuvre complet, (je préfère en l’occurrence le masculin singulier au féminin pluriel), publié dans la Pléiade occupe deux volumes conséquent. J’accorde volontiers que la part la plus connue de cet oeuvre soit les poèmes écrits entre 1941 et 1945, en particulier l’incontournable « Liberté », même si j’incline à lui préférer « Comprenne qui voudra » dans le Rendez-vous allemand » :

En ce temps là

pour ne pas châtier les coupables,

on maltraitait des filles.

On allait même jusqu’à les tondre.

Comprenne qui voudra

Moi mon remord ce fut

La malheureuse qui resta

Sur le pavé

Je doute pourtant que ce fut celui-ci qu’avaient en tête ceux qui apposèrent cette plaque. Mais peu importe. Ce qui importe c’est ce que cette plaque dit de la poésie. En ne retenant de l’oeuvre d’Eluard que la courte période de la résistance ce que l’on retient c’est une poésie que l’on voudrait « simple », lisible, populaire, une poésie qui exalte les grandes causes, une poésie agissante.

Exit donc la période surréaliste d’Eluard.

« L’égalité des hommes est un accident de l’histoire »

Samedi 10 mars 2007

Stephen Jay Gould : Le sourire du flamand rose, Edition du Seuil Point Sciences

 

Stephen Jay Gould décédé le 20 mai 2002 fut un des plus éminent représentant du darwinisme contemporain. Il élabora avec Niels Eldridge la théorie des « équilibres ponctuées », mais son principal titre de gloire restera sans doute son œuvre de vulgarisation avec les centaines d’essais qu’il écrivit régulièrement tout au long de sa carrière et dans lesquels il défendit inlassablement une conception humaniste de la science. Pour Gould toute science était d’abord une science humaine, faite par des hommes et pour les hommes. Lire le reste de cet article »

Il n’y a pas de progès dans l’art

Vendredi 9 mars 2007

Nous inclinons presque naturellement à penser que ce qui succède est forcément mieux que ce qui précède et nous voulons voir en oeuvre une tendance naturelle au progrès dans toute chronologie. Nous la voyons agissant dans la nature lorsque nous sommes enclins à classer les espèces, les genres et les ordres sur une échelle dont chaque barreau représente une étape d’une ascension dont l’homme est l’aboutissement. Si il me semble assurément faux que l’idée d’un quelconque progrès puisse être appliquée à la nature je suis également de plus en plus intimement persuadé que cette notion n’est pas non plus pertinente dès lors que l’on veut l’appliquer à certains aspects de l’activité intellectuelle. L’idée de progrès est inutile et même trompeuse à chaque fois que les réponses aux questions posées ni ne dépendent ni n’apportent de connaissances nouvelles . C’est le cas de l’art et dans une certaine mesure de la philosophie et de la religion. C’est aussi ce qui distingue une question scientifique d’une question non scientifique. La réponse à une question scientifique est subordonnée à des connaissances et elle en produit. Les questions artistiques, certaines questions philosophiques ou religieuses ne répondent pas à ce critère. Lire le reste de cet article »

Madame Eda-Pierre

Mardi 6 mars 2007

Parmi mes passions il y a l’art lyrique. C’est encore un des nombreuses choses qui me viennent de ma famille maternelle, ou plus pour être plus précis de celle de mon grand-père maternel. C’étaient des dingues d’opéra. Mon grand-oncle André habitait Gentilly et étant enfant je passais chez lui presque toutes les petites vacances. Il en profitait pour m’emmener à l’Opéra-Comique, c’était bien moins cher que le Palais Garnier. Il en connaissait par coeur presque tout le répertoire, Manon, les Contes d’Hoffman, Madame Buterfly, la Traviatta. Werter. Il est même arrivé que nous y allions deux fois dans la même semaine. Toujours au poulailler. Il me racontait comment enfants lui et ses frères se payaient leurs places. Ils venaient très tôt pour être là dès l’ouverture des guichets, à cette époque les réservations en ligne n’existaient pas encore, ensuite ils cédaient leur place dans la queue contre une pièce et recommençaient jusqu’à avoir assez pour se payer leur place. C’est à l’Opéra-Comique que j’ai eu une de mes premières et plus belles émotions esthétique. C’était la Traviatta, avec la somptueuse Christiane Eda-Pierre, la première grande cantatrice antillaise, et la seule jusqu’à ce jour à avoir fait une carrière internationale. La pauvre a faussé sur un contre-ut dans les vocalises du siempre libera. Comme le veut la coutume l’orchestre a repris le morceau. Elle recommença et l’acheva à la perfection. Après les applaudissements de rigueurs c’est elle-même qui fit signe au chef de reprendre une troisième fois le même passage qu’elle termina en apothéose. Madame Eda-Pierre eu alors droit à au moins vingt minute de « standing ovation ». Mon grand-oncle en pleurait d’émotion.

Vous souvenez-vous de Peter Norman?

Lundi 5 mars 2007

Peter Norman est décédé au mois de novembre en Australie. La nouvelle est passée inaperçue, et pour cause, Peter Norman est ce que l’on peut appeler un inconnu célèbre. Si vous ignoriez son nom vous connaissez en revanche certainement sa silhouette voire son visage. Peter Norman figure sur une des photos les plus célèbres du 20ème siècle. Cette photo vous l’avez probablement vue elle a fait le tour du monde, on la trouve y compris sur certains manuels d’histoire. Souvenez-vous ! Mexico 1968 les Jeux Olympiques, le 200m. Ces deux noirs américains sur le podium, entièrement vêtus de noirs, têtes baissées, les poings gantés dressés vers le ciel pendant l’hymne national des USA. Vous la connaissez cette photo, vous connaissez peut-être même les noms de ces deux sportifs: Tommy Smith médaille d’or et John Carlos médaille de bronze.

Cet acte n’avait rien de spontané, la plupart des sportifs noirs américains étaient alors plus ou moins proches des mouvements engagés dans les luttes pour les droits civiques et pour certains comme Tommy Smith prêt des plus radicaux d’entre eux. Dès avant le départ pour Mexico presque tous étaient convaincus qu’il fallait faire quelque chose. Mais quoi? Aucun d’entre eux n’en avait la moindre idée. C’est la victoire de Smith et la seconde place de Carlos qui en founit l’occasion. Regardez bien la photo Smith lève le bras droit et Carlos le gauche. C’est tout simplement qu’il n’avait trouvé qu’une paire de gants.La suite est connue, Smith et Carlos furent sévèrement sanctionnés. La politique n’avait pas droit de cité dans cette grande fête du sport. Leur médaille et leur titre leur furent retirés et ils furent exclus du village olympique.

Sur cette photos il y a bien un troisième homme, le second, médaillé d’argent. Il avait été prévenu des intentions des intentions de Smith et Carlos et en signe de solidarité avec eux s’était présenté sur le podium porteur d’un badge sur les droits de l’homme. Il fut lui aussi sanctionné. Cet homme était Peter Norman.