Archive pour mai 2007

Hey mister Zimmerman sing a song for me !

Jeudi 31 mai 2007

Le concert parisien de Bob Dylan fut assez unanimement qualifié de décevant et cela ne m’a pas surpris et je dirais même que je m’y attendais. Un concert de Dylan aujourd’hui ne peut être que décevant. Autant lorsque j’avais vingt ans, j’aurais parcouru des centaines de kilomètres et dépensé toutes mes économies pour un concert de Bob Dylan, comme je l’ai fait pour Bob Marley, pour les Who ou pour Lou Reed, je me serais peut-être même battu comme je l’ai pratiquement fait pour écouter Ray Charles ou James Brown, autant aujourd’hui, j’hésiterais à dépenser quelques euros pour Bob Dylan. A vrai dire cela fait des années que Dylan me laisse assez indifférent. Lire le reste de cet article »

La réalité en face

Mercredi 30 mai 2007

Nous sommes aujourd’hui régulièrement sommés de renoncer à nos idéologies, quand ce n’est pas à nos utopies, pour revenir à la réalité et enfin la regarder en face. Curieuse réalité que l’on nous invite non pas à comprendre mais à nous contenter de regarder. C’est finalement une réalité dans laquelle la Terre est plate et immobile, le soleil se lève et se couche, et où le ciel nocturne est bien tel que je le voit au moment où je le vois. Une réalité que l’on regarde est une réalité dans laquelle quoiqu’en pense Newton les pommes tombent parce qu’il est de la nature des fruits de tomber des arbres comme il est de celle de la pluie de tomber de haut en bas. C’est également une étrange réalité que celle que nos ardents réalistes nous enjoignent de contempler ainsi car à bien y regarder elle apparaît plus peuplée d’entités fantomatiques que la fameuse caverne de Platon. Non contentes d’être inaccessibles à toutes compréhensions ces entités sont également dotées de pouvoirs aussi exorbitants qu’imprévisibles et auxquels nous ne pouvons que nous soumettre et nous adapter. Ainsi en est-il de Madame Entreprise et de ses valeurs comme de Monsieur Marché et de sa liberté qui s’impose comme ultime limite à toutes les autres, accompagnés de leur enfant Mondialisation.

Cette réalité qui devrait s’imposer à nous comme une évidence est une réalité dans laquelle le factuel devient nécessité et où le constat devient explication. Cette réalité est celle du docteur Pangloss une réalité dans laquelle n’advient que ce qui devait advenir et où ce qui advient est bon pour la simple raison que c’est advenu. Pour certains il est évident que cette réalité est bonne parce qu’elle est conforme à leurs intérêts, pour d’autres ce recours permanent à la « Réalité » n’est que la dissimulation de leur renoncement à tenter d’y changer quoique se soit.

De pergaud à Robert

Vendredi 4 mai 2007

Une des chaînes câblées que je reçois a diffusé il y a peu « La guerre des boutons » de Yves Robert. Je l’ai regardé avec mon fils qui y a pris un immense plaisir et je l’avoue le mien ne fut pas moindre, d’autant que j’avais un peu oublié ce film alors que je garde un meilleur souvenir du roman. Robert réussit à retrouver le ton du roman et, il me semble, l’esprit de Pergaud, notamment dans son regard sur les enfants qu’il met en scène et le portait sans complaisance de leur parents, même si parfois il se laisse aller à la caricature, travers dans lequel Pergaud ne tombe jamais. Je me suis demandé si Yves Robert s’était souvenu que Pergaud avait été instituteur dans un de ces villages de Franche-Comté qu’il décrit. L’instituteur du film est en effet le seul adulte qui se montre bienveillant à l’égard des enfants. Il est pourtant un moment dans le film où il semble que Pergaud est trahi, pas le roman, mais Pergaud lui-même. Robert et c’est son droit décide de situer l’action du film à l’époque où il le tourne, en 1961 et un des personnages y fait une allusion à la guerre : « la vraie, celle des tranchées, pas celles de maintenant avec leur bombe atomique ». Cette allusion se veut humoristique et pourtant elle me laisse une certaine amertume. Pergaud est en effet mort en dans la nuit du 7 au 8 avril 1915, alors que l’artillerie française pilonnait un champ de bataille sans se soucier des nombreux blessés laissés en arrière lors du replis de l’offensive. Son corps ne fut jamais retrouvé. Pergaud mobilisé dès les débuts de cette guerres avait été choqué par la violence des combats, la souffrance des hommes, les combattants sacrifiés par des ordres d’une portée douteuse. Il avait pris des notes et comptait écrire un livre de témoignage. Je ne sais ce qu’aurait été ce livre mais je ne pense pas qu’il aurait donné une image glorieuse et héroïque de cette guerre « la vraie ».