Je m’étais pourtant juré de ne pas parler de politique sur ce blog.
Sur une liste de diffusion à laquelle je suis inscrit quelqu’un s’est fait vertement rabroué pour avoir risqué une plaisanterie, sans doute peu élégante mais tellement tentante après son entrée au gouvernement de Sarkosy sur le nom de l’association par laquelle madame Amara s’est faite connaître.
Je ne crois pas être spécialement connu pour être un sexiste invétérée ni pour mon goût immodéré pour la vulgarité, mais je ne prendrais pas le post de G.V. pour plus que ce qu’il est, un jeux de mots certes peu élégant, mais tellement inévitable que je reste persuadé qu’il est venu à l’esprit de beaucoup. Dois-je confesser y avoir moi-même pensé ?
La véritable obscénité sexiste n’est pas quoi qu’on en pense dans le propos de G.V., mais bien plutôt dans ce qu’implique le discours de Madame Amara
Madame Amara a elle-même fait son fond de commerce de la condition féminine en se posant en figure emblématique de la « beurette libérée ». Libérée de quoi au fait ? Le nom même de son mouvement l’indique : du seul choix qui serait laissé aux jeunes filles des « quartiers » par leur frères, leurs pères, leurs copains, celui de la prostitution ou de la soumission, (j’avoue ne pas bien comprendre la nuance entre les deux).
Il faut une bonne dose de tartufferie pour croire que le commerce des sexes ne passerait pas également par le commerce du sexe, (je précise que j’emploi le mot commerce en un sens qui ne le réduit pas aux relations marchandes mais qui bien évidemment ne les exclue pas), de Diderot à Laclos sans même parler de Sade, ces Lumières dont on nous rebat tant les oreilles le savaient parfaitement. La question peut être poser ainsi : quelles filles sont accessibles à quels garçons ? La réponse de madame Amara à cette question est évidente, le message envoyé aux jeunes filles des cités est le suivant : « tenez-vous à l’écart du garçon arabe, macho, voileur, violeur et à l’occasion lapideur, votre libération en dépend» Mais il faut être naïf pour ne pas entendre l’autre message qu’il implique et qui s’adresse lui aux autres, les hommes « blancs » des couches moyennes : « la beurette libérée des cités vous est accessible, mieux vous êtes l’instrument de sa libération ».
Une question reste en suspend : que reste-t-il comme jeunes filles accessibles aux garçons arabes des cités ? Réponse : les putes et les soumises.