Archive pour novembre 2007

Le Vautour

Jeudi 29 novembre 2007

vautour.jpg1970, les USA étaient en Guerre au Viet-nam. Il y eu le Septembre Noir des Palestiniens et Salvador Allende se fit élire au Chili. Il y eu aussi la mort d’Elsa Triolet et celle de François Mauriac, et le Pink Floyd sortit « Medle ». Ce fut aussi l’année de « Little big Man » et de « Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon ». Bref une année comme les autres. Lire le reste de cet article »

Petite histoire de politique et de religion

Lundi 19 novembre 2007

Dans le registre des rapports entre la politique et la religion il est une histoire que je trouve passionnante. Elle se passe sous la Restauration. Avec leur retour, les Bourbons et la noblesse exilées entendent bien effacer cette Révolution qu’ils haïssent et faire en sorte que le retour de la « gueuse » soit à tout jamais impossible. La religion jouera son rôle dans cette volonté. Elle est en effet un instrument puissant de contrôle des esprits. Les prêtres assermentés qui avaient juré fidélité à la République sont donc chassés de leur ministère et remplacés par des prêtres réfractaires, ceux qui avaient refusé ce serment. Mais voilà que dans un village du Limousin non loin de Limoges, les habitants refusent ce prêtre qu’on leur envoi et le chasse du village. C’est que leur attachement à la république même défunte est profond et il n’est pas question pour eux d’accepter l’un de ceux qu’ils considèrent comme des traîtres. S’engage alors un conflit avec aussi bien les autorités religieuses que les représentants de l’état qui les uns comme les autres veulent imposer à ces villageois le prêtre de leur choix.

Pour les villageois il y a pourtant un dilemme insoluble. Ce qu’ils refusent ce n’est pas la religion, ce n’est pas que la messe soit dite, au contraire, ils restent profondément croyants. Ce qu’ils refusent ce sont ces prêtres là. Le village ne peut pourtant rester indéfiniment sans guide spirituel, sans la présence d’un homme de dieu. Conseillés par un avocat ils prendront une grave décision. Afin de concilier leur sentiment républicain et leur foi religieuse, à quelques exception près, l’ensemble du village va adopter le culte réformé. Pour des raisons politiques, par opposition républicaine à la Restauration, Villefavars va renoncer au culte catholique et devenir un village protestant, et il l’est encore de nos jours. Il fallut trouver un pasteur, on en fit venir un de Suisse. Il se produisit alors quelque chose que les villageois n’avait pas prévue. Le pasteur arriva avec sa famille, ses enfants, mais aussi sa femme, et la femme du pasteur n’est pas inactive. Comme toute femme de pasteur elle se mit à rendre visite aux femmes de ces villageois, à les réunir, ce qui ne fut pas forcément vu d’un bon oeil par leurs époux. Mais que pouvaient-ils y faire ? Une des conséquences imprévues de cette conversion fut qu’à Villefavars les femmes prirent une importance nouvelle dans le village.

Dicavi et salvavi animan meam

Samedi 17 novembre 2007

Longtemps dans ma vie militante je me suis tu.

Je me suis tu parce qu’on me le demandait, mais je me suis aussi tu sans qu’on me le demande.

Je me suis tu pour des tas de « bonnes » raisons.

Pour ne pas diviser inutilement.

Parce que les camarades n’étaient pas prêts.

Pour ne pas fournir des armes à nos adversaires.

Parce que ce n’était pas le moment opportun et que nous avions d’autres priorités, mais je n’avais pas à m’inquiéter, nous verrions après.

Pour préserver l’unité dans une période décisive.

Je me suis même tu pour laisser « des ministres travailler ».

Je me suis aussi tu parce qu’il est souvent plus facile de se battre contre des ennemis que d’affronter ses amis

Je me suis tu également par crainte de ne pas être entendu

Mais qui n’en a pas fait autant ?

Aujourd’hui chacun peut mesurer les succès de nos silences.

Nous pouvons voir où en est l’unité, où en est l’espoir.

De nos camarades beaucoup sont partis, mais ceux qui restent sont-ils prêts ?

Nous avons encore des priorités et le moment opportuns se fait encore attendre, mais la période est tout aussi décisive et demain elle le sera encore plus.

En 1875 devait tenir à Gotha un congrès dont le projet était de faire l’union des différentes tendances du mouvement ouvrier allemand sur un programme. Ce programme fut transmis à Marx qui le jugea négativement. Les dirigeants du parti social-démocrate lui demandèrent instamment de ne pas rendre publique cette critique avec des arguments que nous connaissons tous. Marx se rangea à leur avis mais néanmoins rédigea une longue lettre dans laquelle il critique sévèrement ce programme, lettre qu’il termina par ces mots : « dicavi et salvavi animam meam », « j’ai parlé et j’ai sauvé mon âme ». Le congrès se tint dans l’enthousiasme des militants sans que qu’aucun ne soit informé des critiques de Marx.

Cette histoire à pourtant une suite. La lettre de Marx, connue aujourd’hui sous le nom de « Critique du programme de Ghota » fut publiée en 1895 alors que le parti social démocrate allemand s’apprêtait à adopter un nouveau programme au congrès d’Erfurt. Cette publication se fit à l’initiative d’Engels qui obligea le parti social à rendre publique cette critique. Le congrès d’Erfurt est considéré comme un succès pour la tendance marxiste.

De Dakar à N’Djamena : l’Arche de Zoé

Vendredi 9 novembre 2007

L’affaire de L’Arche de Zoé contient de tels ferments d’émotion qu’il y a fort à parier qu’elle reviendra encore longtemps sur le devant de l’actualité. On imagine aisément le parti que pourrait en tirer le cinéma et la mode de la réalité-fiction aidant il y a sûrement déjà un producteur avisé qui songe aux profits qu’il pourrait tirer d’un film ou d’une série promis à un succès certain. Lire le reste de cet article »

De l’ADN à L’Arche de ZOE

Jeudi 8 novembre 2007

Bien qu’elle n’ai pas été, à ma connaissance, soulignée il y a une étrange convergence entre la défense adoptée par les responsables de l’Arche de Zoé et l’argumentation de ceux qui ont approuvé que l’on procède à des test ADN pour les candidats au regroupement familial. C’est en toute bonne foi nous disent-ils qu’ils étaient persuadé que les enfants qui leur étaient amenés par les « chefs » de village chargés de la « sélection », (je ne sais pourquoi, mais le terme de sélection appliqué à des être humains a pour moi une étrange résonance), que ces enfants donc venaient du Darfour et étaient bien des orphelins. En clair ils auraient été abusés par ces chefs de village et bien sûr au bout du compte par les familles. La raison de cette tromperie est clairement énoncée. Les familles y ont vu une occasion inespérée de permettre à leurs enfants de faire des études en France et même, comme cela a également été dit, par le biais de l’asile politique auxquels ils auraient pu prétendre, d’acquérir un jour la nationalité française. Hortefeux ne dit rien d’autre que cela, le regroupement familial peut être utilisé frauduleusement pour faire entrer sur le sol français des enfants qui n’y auraient pas droit et pour a peu près les mêmes raisons.

La faute à Voltaire ? La faute à Rousseau ?

Mercredi 7 novembre 2007

Je me souviens vers la fin de la décennie 1970 il était impératif que nous nous détachions de toute urgences des « Lumières ». Elles avaient commis un crime irréparable, celui d’avoir rendu à la raison un véritable culte qui prépara le chemin d’où sortirent les pires montres du 20ème siècle, les Staline, Mao, Pol Pot, Castro et autres Kim Il Sung. Face à leurs crimes, aux dangers qu’ils faisaient peser sur le monde, la condamnation sans appel ne suffisait pas, la critique même avait ses limites, il fallait pour éradiquer le mal le prendre à sa source. Lire le reste de cet article »