Archive pour juillet 2008

Promenades au Parc Montsouris

Vendredi 18 juillet 2008

Le 26 novembre 1911 le couple Laura Marx et Paul Lafargue se suicide à Draveil, ils seront enterrés au cimetière du Père Lachaise face au Mur des Fédérés quelques quinze à vingt mille personnes suivront leurs obsèques. Jaurès était là qui prononça un discours et aussi Vladimir Ilitch Oulianov qui lui aussi prit la parole. A cette époque il habitait avec son épouse Nadia Kroupskaia et sa belle-mère, au numéro 4 de la la rue Marie Rose dans le 14ème arrondissement de Paris.C’est à
cette époque il aurait une idylle avec Ines Armand, militante française morte du choléra en 1920 dans le Caucase et enterrée sur la Place Rouge devant la muraille du Krémlin. Avant d’habiter rue Marie Rose Lénine occupait un appartement au 24 rue Baunier. Ces deux adresse ont en commun d’être à quelques pas du parc Montsouris qui de 1909 à 1912 devint un des hauts lieux du bolchevisme parisien.
Lénine était, on le sait, un fervant admirateur de la Commune de Paris. Elle est d’ailleurs bien connue cette image de lui dansant dans la neige lorsque la révolution d’octobre eu tenu un jour de plus que la Commune. Mais lors de son séjours parisien et de ses promenades dans parc Montsouris préta-il attention à cet aveugle qui venait de Gentilly et en avait fait lui aussi une de ses promenades préférée ? C’était pourtant le fils d’un de ces Communards qu’il admirait autant
Enfant, alors que j’ignorais encore tout du passage parisien de Lénine, je suis souvent allé au parc Montsouris et c’est un de ces lieux que je ne peux évoquer sans nostalgie. Un de mes grand-oncles habitait non loin, à Gentilly et c’était une de nos promenades rituelles lors de mes séjours chez lui que d’aller dans ce parc nourrir les cygnes et les canards du bassin avec le pain sec qu’il avait gardé. Je me plais souvent à imaginer ce qu’aurait pu être l’improbable rencontre entre le futur dirigeant de la révolution d’octobre et l’obscur fils d’un communard sur un banc du parc Montsouris face à bassin dissertant l’un et l’autre tout en jetant des croutons de pain sec aux cygnes et aux canards

Ouidah

Mercredi 16 juillet 2008

Ouidah se perd et s’endort dans ses souvenirs
à Ouidah le passé et les morts pèsent plus que les vivants.
A Ouidah les vivants ne sont là que pour servir les morts.
Et des morts il y en a tant et plus.
Il était seul à porter sa croix sur le chemin du Golgotha,
ici ils furent des milliers à porter leur cangue et leurs fers et le chemin dura deux siècles.
Pas de Simon de Cyrène pour soulager leur fardeau, pas de Marie de Magdeleine pous essuyer la poussière de leurs pieds, pas de femmes d’Alada, de Bohicon ou de Savalou pour essuyer leur face et où donc était leur mère ?
Il tomba trois fois sur le chemin, combien ici tombèrent pour ne plus se relever ?

Et bout du chemin ni résurrection ni rédemption
rien que la mer, les fers, la canne, le coton.
Ici pas de Joseph d’Arimathie pour offrir un tombeau et pas de Graal pour recueillir leur sang.
Combien sont-ils à avoir remplis le charnier
Il fut dit-on vendu pour 30 deniers.
A Ouidah ils furent vendus pour des bibelots, des fusils, de la poudre et même des canons.
Combien pour un miroir?
Combien pour un fusil ?
Combien pour un canon ?

Ouidah n’est pas un port,
Ici pas de quais, de ponton
Rien que la plage, la mer, les chaloupes et au loin les bateaux.
Quels dieux implorèrent-ils ?
Qu’importe puisque ce fut en vain
Pourtant ici ce ne sont pas les dieux qui manquent, ils sont dans chaque arbres chaque iroko chaque kolatier
Ils sont dans chaque seuil dans chaque maison et il en naît de nouveau chaque jour car ici chaque mort devient un dieux.
Et les dieux ne vinrent pas.
Et pourtant ils les prirent avec eux ces dieux

Sainte Ingrid

Mercredi 16 juillet 2008

Elle est donc libérée Ingrid Bétancourt, j’en suis ravi pour elle et pour sa famille. Il va être difficile de la remplacer, de trouver une cause qui engage à ce point à si peu qu’elle ne peut être que consensuelle. Il faut bien l’avouer, il fallait quand même le dernier des salauds pour oser dire que l’on était bien sûr attristé par le sort fait à cette pauvre femme, mais que par ailleurs on avait quelques chats autrement plus importants à fouetter. Elle fut à ce point consensuelle cette cause qu’un matin sur France Inter, une «arabe de service » fourvoyée dans les listes de la Ligue du Nord italienne laissa pantois le journaliste qui l’interwievait en déclarant qu’elle envisageait de lancer une campagne pour la libération de … Ingrid Bergman.

Aurions nous eu une telle campagne pour exiger la libération d’une Maria-Teresa Escobar (pardon à toutes les Maria-Teresa et à tous les Escobar), metisse et candidate d’une gauche populaire et radicale à l’élection présidentielle face au réactionnaire fascisant Uribe et enlevée par un groupe para-militaire quelconque lors de sa campagne ? Vous me permettrez de douter qu’un tel événement ai pu faire l’objet de plus de 2 minutes au journal télévisé de 20 heure pendant une semaine. Mais Ingrid Bétancourt, franco-colombienne, fille de diplomate, ancienne élève de Villepin à Sciences-po, ça c’est autre chose.

Si la campagne pour la libération d’Ingrid Bétancourt fut à ce point consensuelle, c’est, il faut bien l’avouer, parce que elle fut menée de telle sorte qu’elle ne demandait aucun engagement. Pas d’ambassade devant laquelle aller manifester, pas de gouvernement à mettre en cause. On pouvait même éprouver une certaine sympathie pour les FARC et en même temps penser que la pratique de l’enlèvement était un faute stratégique et politique. Et puis il y avait la personnalité d’Ingrid elle-même, ou plutôt son absence de personnalité tant on a fait une icône au sens pleinement religieux du terme comme si il lui fallait non seulement notre compassion mais aussi notre admiration.

La raison et l'émotion : à propos de « L'épopée de la musique africaine » .

Mardi 15 juillet 2008

Si il nous fallait juger de l’importance, quantitative et qualitative, des musiques africaines à partir de leur diffusion et des quelques artistes ayant pu faire une carrière internationnale, c’est une vision bien faussée que nous en aurions. Il suffit pour cela d’ouvrir n’importe qu’elle radio ou de simplement jetter un coup d’oeil dans les bacs de la FNAC ou de Virgin. A l’exception de quelques noms que l’on peut compter sur les doigts, les musiques africaines restent largement méconnues. C’est pourquoi on peut saluer comme il le mérite le livre que Florent Mazzoleni vient de publier chez « Hors Collection » sous le titre « L’épopée de la musique africaine ». Il y retrace quarante ans de musique sur la côte atlantique de l’Afrique atlantique, depuis les indépendance à nos jour. Si vous voulez tout savoir sur le higthlife, l’afro-beat, le juju, le mbalax, le zouglou ou le tchinkoumey achetez vite ce livre ! En plus l’iconographie, essentiellement des pochettes de disques est superbe. Un seul regret pourtant, il y manque un index des artistes cités, pourtant indispensable dans ce genre d’ouvrage. Lire le reste de cet article »

Rendons grâce au violeur pédophile récidiviste.

Mardi 8 juillet 2008

En 1960 à Los Angeles un jeune homme de 18 ans fut jugé pour complicité de vol, il conduisait la voiture avec laquelle lui et son complice devait s’enfuir après un vol dans une station service qui rapporta à ses auteurs la somme de 78 dollars. Il fut condamné à une peine minimale d’un an de prison. Chaque année une commission de libération sur parole se réunissait pour statuer sur sa peine. Il n’est jamais sorti. Il fut abattu en 1971 au cours d’une « tentative d’évasion ». Georges Jackson laissa un livre magnifique composé des lettres qu’il écrivit pendant sa détention, « Les frères de Soledad ».
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