Archive pour janvier 2009

Phillipe Val défend Arthur

Samedi 24 janvier 2009

Il est des énormités que personne ne s’aviserait de proférer, tout simplement par qu’elles seraient immédiatement considérées pour ce qu’elles sont à savoir des stupidités et dans certains cas des ignominies. Si par exemple prenant la défense d’un personnage affirmant son admiration pour l’ex empereur Bokassa, j’accusais ses détracteurs d’être d’infâmes racistes au prétexte qu’ils reprendraient à leur compte les clichés les plus éculés sur le cannibalisme des africains, on me répondrait que certes le cannibalisme des africains relève du cliché raciste, mais que celui de Bokassa relève bel et bien de la triste réalité et l’affaire serait close.

C’est pourtant avec un raisonnement de ce genre de Philippe Val a ce vendredi 23 janvier cru bon de prendre la défense d’un comique animateur de radio qui a annulé un de ses spectacles après avoir été pris à parti pour son soutient à l’état d’Israël lors que son agression contre la population de Gaza.

L’argumentation de Philippe Val est la suivante, il est bien connu que l’accusation de tuer des enfants est une des plus vieilles rengaines de l’antisémitisme, donc ce ne peut être que faire preuve d’antisémitisme que d’accuser cet animateur de soutenir des assassins d’enfants en approuvant l’agression israélienne contre Gaza. C.Q.F.D.

Le cannibalisme des africains est assurément un cliché raciste, mais est-ce à dire qu’aucun africain à aucun moment n’a jamais mangé aucun de ses congénères ? Voir dans chaque juif un assassin d’enfants relève à coup sûr du fantasme antisémite, mais il n’en reste pas moins que les enfants furent les premières victimes de l’agression israélienne et dans des conditions telles qu’on ne peut que parler que crimes et d’assassinats. Libre à qui voudra de soutenir des assassins, mais de grâce qu’ils exigent pas en plus de  pouvoir le faire impunément !

Israël Palestine : ne pas importer la violence, ne pas "communautariser" le conflit

Vendredi 16 janvier 2009

Si ce mot d’ordre signifie qu’il serait stupide, voire pire, de s’en prendre violemment aux communautés juives ou musulmanes vivant en France, comment ne pas y souscrire ? Pour autant il est faux de penser que tant l’antisémitisme que l’islamophobie auraient leur source dans le conflit Israélo-Palestinien, elles sont ailleurs et l’agression israélienne sur Gaza n’est pour les uns comme pour les autres qu’une nouvelle opportunité de revenir à la charge.

Il est juste de rappeler que ce conflit n’a de causes ni religieuses, ni ethniques mais bel et bien politiques et qu’il ne trouvera donc que des solutions politiques. En attendant il n’en reste pas moins qu’il ne met pas en présence des entités désincarnées mais des peuples, des populations, et donc qu’on le veuille ou non des communautés. L’injonction à ne pas « communautariser » le conflit a donc de fait des limites.

Si il ne s’agit que d’un rappel au bon sens pour réaffirmer qu’aucune des communautés vivant en France n’est comptable de ce conflit, ce mot d’ordre ne me pose aucun problème, mais manifestement l’enjeu n’est pas celui-ci. Ne pas être comptable du conflit, n’implique en aucun cas qu’on ne le soit pas des positions que l’on prend, des soutiens que l’on exprime, des solidarités que l’on affirme, et c’est là qu’est l’enjeu de ce mot d’ordre. Son objectif est double, faire en sorte que l’on ne puisse demander à certains des comptes sur un soutien affirmé à une agression et à des crimes, empêcher que d’autres puissent, en se revendiquant y compris de leur identité religieuse, affirmer leur solidarité avec les victimes.

Si il est hors de question que je puisse tenir un quelconque juif de France ou d’ailleurs pour responsable des actes de l’état d’Israël, je ne vois aucune raison valable pour que l’on m’interdisse de demander au CRIF ,  ou au Grand Rabin des comptes sur leur soutient total à ces mêmes actes et je n’en vois pas plus pour exiger d’autres qu’ils oublient le temps d’une manifestation ou d’une prise de parole qu’ils sont arabes ou musulmans. Personne ne songerait un instant à reprocher à un catholique de condamner au nom de sa foi l’agression israélienne contre la population de Gaza et les crimes qui s’ensuivent, mais à en croire certains cela serait interdit aux musulmans.

Le comble de l’hypocrisie est atteint lorsqu’on appelle les trois communautés religieuse, juives, chrétienne, musulmane à se joindre dans une prière pour la paix. C’est beau, c’est œcuménique, c’est humaniste, et c’est une parfaite fumisterie ! Pas seulement parce qu’en la matière je doute de l’efficacité des prières, mais surtout parce que chacun pourra prier avec bonne conscience et en étant dispensé par cet acte d’avoir à s’expliquer sur ses positions. Ce n’est pas simplement une illusion mais c’est une tromperie que de penser que la paix puisse être obtenue sans clairement et fermement désigner les bourreaux et les victimes.